Les résultats des élections communales et municipales du 11 janvier 2026, rendus publics dans la soirée du mardi 27 janvier par la Commission électorale nationale autonome (CENA), ont livré leur verdict dans le département de l’Alibori. Et pour le Bloc républicain (BR), le constat est sans complaisance : les progrès enregistrés dans certaines communes ne suffisent pas à masquer un recul politique préoccupant.
Sur les six communes que compte l’Alibori, le BR ne remporte que deux mairies avec une conservation : Banikoara et Gogounou. À Banikoara, anciennement sous la gouvernance de l’Union progressiste le Renouveau (UP-R) à la suite d’un accord politique, le BR parvient à prendre la mairie. Une victoire certes notable, mais qui s’apparente davantage à un rattrapage tactique qu’à une véritable démonstration de force électorale.
À Kandi, le parti dirigé par Abdoulaye Bio Tchané et sous la houlette du directeur départemental du développement, Amine Alassane, enregistre une progression numérique significative, passant d’un seul conseiller communal en 2020 à neuf élus sur vingt-neuf en 2026. Un bond qui, sur le papier, pourrait faire illusion. Mais dans les faits, cette percée reste insuffisante pour inverser la dynamique globale du scrutin dans la première circonscription électorale.
Le véritable signal d’alarme se situe ailleurs. À Karimama et Malanville, longtemps présentées comme des fiefs politiques du BR, le parti perd le contrôle des conseils communaux, cédant du terrain à l’UP-R. À Malanville notamment, malgré un léger mieux en nombre de conseillers (13 contre 12 en 2020) sur vingt-neuf, le BR échoue à transformer ses scores en victoire politique.
À l’analyse des résultats et à la lecture croisée des faits dans ces deux communes et dans le département en général, le Bloc républicain semble avoir été rattrapé par ses guéguerres internes et le manque de promotion de jeunes cadres du parti. Entre le bras de fer persistant entre leaders à Malanville et l’incapacité manifeste du maire à assurer une gouvernance à Karimama administrée sous intérim depuis plusieurs années et le manque de promotion de jeunes cadres : le parti a payé le prix de ses propres dysfonctionnements.
Au final, ces résultats traduisent moins une avancée qu’un essoufflement stratégique du Bloc républicain dans l’Alibori. Là où il se croyait solidement implanté, l’électorat a envoyé un message sans équivoque : les bastions ne sont plus acquis. À défaut d’une remise en question profonde de sa stratégie locale et de sa gestion interne, le BR risque de voir ses positions continuer à s’effriter dans la première circonscription aux prochaines échéances électorales.
Ikililou ADAMOU IDRISSOU

